Posted by emancipation67 on 19th février 2010
Anaïs est en classe de seconde générale au lycée Maurice Utrillo de Stains. Ce matin, elle commence avec 1h30 de son deuxième “ enseignement d’exploration ” : « méthodes et pratiques scientifiques : science et investigation policière, balistique, analyse d’explosifs ». Elle aurait préféré « science et cosmétologie: modifier son aspect », mais cet enseignement d’exploration n’était pas proposé dans son lycée. Elle devra aussi suivre « Littérature et société : figures de l’étranger, indigène, immigré, errant. »
De 10h à 12h, elle a 2h de langue vivante, parfois anglais, parfois espagnol. Elle redoute un peu ces heures de cours : le groupe d’élèves a encore changé pour accueillir des élèves venus de seconde professionnelle, et le professeur va devoir commencer une nouvelle activité pour que tous puissent suivre, sans terminer l’activité précédente dans laquelle Anaïs s’était pourtant beaucoup investie.
A la fin du cours, Anaïs doit se dépêcher : son professeur tuteur l’attend, et comme il a en charge 21 autres élèves en suivi personnalisé, il n’a que peu de temps à lui consacrer. Pendant les 10 minutes de l’entretien, ils cherchent ensemble sur internet la fiche ONISEP (la brochure papier n’est plus distribuée depuis 2010) sur la formation qui intéresse Anaïs : une école de design. Malheureusement, son tuteur ne connaît pas cette école, et ne peut pas la renseigner aussi bien que l’aurait fait le conseiller d’orientation-psychologue, dont le poste vient d’être supprimé. Anaïs devra attendre son prochain rendez-vous, dans un mois, pour en savoir plus… L’après-midi, elle termine avec deux heures d’accompagnement personnalisé : cette semaine, son professeur principal a proposé au professeur d’histoire-géo de les aider à faire leurs devoirs. Elle espère bien pouvoir terminer son exposé de géo, mais elle n’est pas sûre que le professeur aura le temps de s’occuper d’elle, car les 29 autres élèves de son groupe auront sans doute aussi besoin de lui…
Ses parents, eux, sont inquiets pour son grand frère: après un premier trimestre très difficile en 1ere S, il a décidé de terminer son année en 1ere ES. Malgré un stage, animé par un étudiant en licence 1ere année économie, pour le remettre à niveau pendant ses deux semaines de vacances, il n’a pas rattrapé le niveau des autres élèves. Il va falloir prévoir des cours particuliers payants pour sauver son année.
Posted in Pédagogie, Tracts et communiqués | No Comments »
Posted by emancipation67 on 8th février 2010
Pour le retrait des “réformes” ; pour une FSU au service des luttes !Ce 6ème congrès national de
la FSU s’est ouvert, à Lille le1er février, dans le double contexte du bilan syndical catastrophique de ces deux dernières années et du démarrage des mobilisations dans l’Ille-et-Vilaine et
la Seine-Saint-Denis.Dès l’ouverture du congrès nous avons donné le ton en diffusant notre tract “Lutter pour le retrait des « réformes » ; en finir avec le « dialogue social » !” et en demandant à ce que l’ordre du jour du congrès soit en phase avec la dynamique de montée des luttes.RépartiEs dans les commissions des quatre thèmes du congrès, nous avons coordonné notre stratégie et nos interventions dans les réunions de tendance, et sommes pratiquement touTEs intervenuEs en commission et en plénière, malgré la tension permanente et le rythme de travail soutenu. En dépit d’un temps d’intervention en plénière très court, une dizaine de minutes au total par thème octroyées à notre tendance, à l’issue de d’âpres négociations en commission d’organisation des débats, nous avons défendu l’essentiel de notre orientation et marqué les échanges.Émancipation s’est affirmée comme la première tendance d’opposition de
la FSU.Sur tous les enjeux de ce congrès, nous avons mené la bataille pour développer nos positions, œuvré pour obtenir des mandats offensifs de
la FSU et défendu des revendications unifiantes : retrait pur et simple de la réforme des lycées, abrogation des décrets du 29 juillet 2009 et retrait de la circulaire du 20 août 2009 concernant la “mastérisation”, abandon des évaluations actuelles à l’école primaire et soutien aux désobéisseurEs, titularisation de touTEs les précaires sans conditions de concours ni de nationalité, nationalisation laïque de l’enseignement privé confessionnel et patronal, sans indemnités ni rachat, ancrage explicite de
la FSU dans une perspective anticapitaliste, rupture du dialogue social et, sur les retraites, sortie du Conseil d’Orientation des Retraites, refus des accords de Bercy et retrait du projet de loi qui en est issu, refus d’une recomposition syndicale alignée sur “le dialogue social”, la soumission aux “réformes” et à l’appareil d’État, refus de l’adhésion à
la CES, solidarité internationale avec les travailleurs et la jeunesse haïtienne, avec le peuple tchétchène et les opposantEs russes, libération des militants d’Action Directe et de Georges Ibrahim Abdallah…Sur l’action, nous avons défendu l’impérieuse nécessité de préparer les conditions d’un mouvement d’ensemble de la maternelle à l’université, vers la grève générale et de coordonner les luttes au niveau national.Nous avons soutenu plusieurs amendements comme celui demandant l’abrogation de
la LOLF ou celui exigeant l’abrogation de la loi sur le Service Minimum d’Accueil dans le premier degré. Nous avons contribué activement au recul de la direction nationale sur l’adhésion à la confédération “syndicale” européenne ; celle-ci est contrainte de reporter cette adhésion après un vote des syndiquéEs. Nous avons montré les limites d’un rapprochement avec la CGT sur l’axe du “syndicalisme de proposition”, notamment en brandissant pendant le discours de Bernard Thibault une grande banderole “Les CONTI de la FSU te saluent“. Devant les résistances, l’appareil de
la FSU a fait montre de ses difficultés et de sa fragilité par une gestion crispée du congrès plusieurs fois limite du point de vue de la démocratie. Mais la direction UA a bénéficié de l’appui de la plupart des déléguéEs EE au moment des votes finaux et du “mutisme” de courants réputés oppositionnels sur le “dialogue social”… Bon nombre de nos positions ont très largement dépassé l’audience électorale d’Emancipation.Cela renforce notre détermination, à poursuivre en ce sens, pour nos interventions, dans nos syndicats respectifs comme dans les Assemblées Générales, au service des luttes et des revendications des personnels.
Posted in Tracts et communiqués | No Comments »
Posted by emancipation67 on 23rd janvier 2010
Luc Chatel réinvente les blagues à Toto :
« enseignant, le seul métier qui ne s’apprend pas. »
Communiqué de SLU (22 janvier 2010)
Depuis plusieurs semaines, les contours de la réforme de la formation des enseignants sont connus de l’ensemble des acteurs du dossier. À l’exception du ministère, tous s’accordent pour dire que cette réforme est absurde, impossible à mettre en œuvre et néfaste. La Conférence des présidents d’universités a même jugé utile de rappeler dans un communiqué un brin optimiste que « le gouvernement [avait] fait des choix lourds de conséquences qu’il devra assumer » (CPU, 21 janvier 2010).
C’est le moment choisi par Luc Chatel pour lancer une grande offensive de communication abondamment relayée sur le thème de « l’absentéisme » des enseignants, en feignant d’ignorer que c’est la politique de non-remplacement d’un professeur partant en retraite sur deux qui a privé l’Éducation nationale du volant de remplaçants qualifiés dont elle disposait jusqu’alors.
Quelle solution propose Toto Chatel ? « Nous devons diversifier et enrichir notre vivier de remplacement, par exemple […] avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours. » (Europe 1, 20 janvier 2010) Formidable et lumineuse idée que de considérer que c’est précisément dans les lieux où l’on apprend et où l’on apprend à apprendre, que le recours à des personnels sans formation professionnelle est une solution. Quel culot, élève Chatel !
Contrairement à ce qu’affirme le ministre dans le même entretien, il ne va pas « travailler avec les organisations syndicales » sur cette « piste » pour la simple raison que cette solution est déjà utilisée dans plusieurs rectorats. Aucun de ceux qui connaissent ce dossier ne s’y trompe : il ne s’agit pas de résoudre le problème des remplacements. Ce recours à des « étudiants pas encore admis aux concours » est une conséquence directe et recherchée de la réforme de la formation des enseignants.
En effet, celle-ci va faire de ce qui n’est encore qu’une exception la règle : l’Éducation nationale fonctionnera à l’avenir avec des enseignants non formés à leur métier. Dès la rentrée 2010, les lauréats des concours enseigneront à plein temps sans avoir reçu de formation pratique ! Celle-ci sera réduite à quelques semaines au cours de l’année scolaire, alors qu’ils seront pleinement responsables de classes entières depuis septembre. Et pendant ce temps de formation, ils seront remplacés par des étudiants de masters qui n’auront jamais eu la responsabilité d’élèves auparavant ! Une rupture programmée, organisée de la continuité pédagogique, deux enseignants – tous deux non formés – devant une classe : peut-on davantage mépriser les élèves ?
Posted in Actualités, Tracts et communiqués | No Comments »