Réforme du lycée : ce qu’il faut craindre !
Posted by emancipation67 on 19th février 2010
Ce lundi 8 février 2010, les enseignants du lycée Maurice Utrillo de Stains ont rejoint plusieurs établissements de l’académie dans un mouvement de grève contre la réforme des lycées prévue par le ministre Luc Chatel pour la rentrée 2010.
Cette réforme constitue une attaque sans précédent contre l’Education nationale. Les enseignants s’inquiètent bien sûr de l’évolution de leurs statuts et conditions de travail mais aussi et surtout des changements prévus par cette réforme qui seront lourds de conséquences pour l’éducation de vos enfants. Derrière des effets d’annonce qui pourraient vous séduire, se cache la réelle préoccupation de notre gouvernement : des mesures d’économie. Après 45 000 postes supprimés au cours des trois dernières années 16 000 postes de plus seront supprimés à la rentrée prochaine. Comment croire que cela sera sans conséquence sur la qualité de l’enseignement apporté à vos enfants ? Voici donc les éléments de la réforme mis en avant par le ministère et la lecture que nous en faisons.
Ce qui pourrait vous plaire … |
… mais que vous devriez craindre ! | ||||
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« L’accompagnement personnalisé soutient l’élève dans la réussite de sa scolarité et l’aide à gagner en autonomie ». L’accompagnement personnalisé se donne les objectifs suivants :
v apporter un soutien aux élèves qui rencontrent des difficultésv permettre aux élèves d’approfondir leurs connaissances, v donner aux élèves des méthodes qui faciliteront leur transition vers l’enseignement supérieur, v accompagner le projet d’orientation, |
Cet accompagnement n’est en fait en rien « personnalisé » puisque les heures sont prévues en classe entière !
v Les heures allouées à ce dispositif sont en fait prises aux heures d’enseignement de différentes disciplines (baisse des heures de demi groupes, plus d’histoire géographie en terminale S, plus d’anglais renforcé en section ES,…) Elles ne constituent donc pas « un PLUS » pour vos enfants.v Cet accompagnement individualisé est réalisé par n’importe quel professeur. Comment garantir que l’aide apportée soit pertinente ou efficace ?v De plus en plus, on demande aux enseignants de se charger de la question de l’orientation. Le but étant de se débarrasser des seuls vrais spécialistes de cette question jusqu’à aujourd’hui : les COP. |
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« faciliter les corrections de trajectoire » grâce à :
v « La mise en œuvre de stages de remise à niveau pour les élèves volontaires souhaitant éviter le redoublement. Ces stages se déroulent au cours de l’année scolaire ou pendant les vacances. »v « des stages passerelles permettent les corrections de trajectoire » c’est-à-dire les changements d’orientation en cours de cycle (de S à ES, de ES à L, etc …) |
Cette souplesse des parcours est un leurre !
v Les stages pendant les vacances ne respecteront pas les rythmes de vie des élèvesv Comment imaginer qu’un élève puisse récupérer en 15 jours, un, deux, ou trois trimestres de cours ? Le but est bien d’éviter les redoublements pour des raisons économiques. v Un élève voulant se réorienter en S devra rattraper 3 disciplines (dans l’autre sens : 1 ou 2 maximum) Les passerelles ne feront qu’accroître la prépondérance de la filière S. Les autres séries seront alors perçues comme des solutions de repli. |
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« au terme de la scolarité, et comme dans tous les pays de l’Union européenne, chaque lycéen doit maîtriser au minimum deux langues vivantes. »
v « De la seconde à la terminale, les enseignements de langues vivantes sont dispensés en groupes de compétences afin de permettre un meilleur apprentissage. »v « Les horaires de LV1-LV2 sont globalisés pour faciliter la constitution des groupes de compétences. »v « Le lycéen renforce sa culture générale grâce à l’introduction d’un enseignement de littérature étrangère en langue étrangère [en série L]. » |
La maîtrise de deux langues à la fin du lycée n’est pas un objectif nouveau! Qu’est-ce que cache cet effet d’annonce ?
v Rien ne prouve que l’enseignement par groupes de compétences (expression & compréhension écrites, expression & compréhension orales) soit bénéfique aux élèves. Ce que le ministère veut surtout, ce sont des groupes de niveaux mélangeant élèves des voies générales, technologiques ou professionnelles. Il n’y a pas d’objectif pédagogique. Seule volonté : rendre les professeurs de langues « flexibles » à l’extrême dans une logique d’économies.v La globalisation des heures de LV1-LV2 permet surtout de dissimuler la diminution des heures de langue en contradiction avec les objectifs affichés v Le gouvernement médiatise l’introduction d’un enseignement de littérature étrangère en langue étrangère dans la série L (+3.5H) mais oublie de préciser qu’il supprime l’anglais renforcé dans la filière ES (-4H). Faites le calcul ! |
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Et le « bac » alors? Pas un mot sur l’évaluation finale !
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Tout projet pédagogique prévoit normalement la forme de son évaluation finale. Alors, comment expliquer cette absence dans le projet de M. Châtel ? Erreur de débutant ou silence lourd de sous-entendus ? v Les stages passerelles et l’abandon de l’idée de redoublement, l’autonomie des établissements de plus en plus grande, l’enseignement des langues organisé en groupe de compétences/niveau, l’introduction du passeport européen des langues (méthode d’évaluation européenne) : tous ces points peuvent laisser craindre l’abandon d’un examen final normatif en faveur d’une certification. Plutôt que de se donner l’objectif d’amener les élèves à un certain niveau en fin de lycée, on se contentera de constater le niveau atteint. v Dans notre académie, dans notre établissement, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de l’abandon d’exigences communes à tout le territoire français.v Déjà le bac professionnel est désormais entièrement évalué en « cours de formation » : il n’y a plus d’examen final… c’est avec un « diplôme 93 » que nos jeunes tenteront de trouver une place sur le marché de l’emploi. |
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