Tract Emancipation Alsace au format .pdf
La fin d’année scolaire a confirmé nos analyses :
Les résultats des baccalauréats généraux, technologiques et professionnels sont mirifiques !
Le pompon de la manipulation est décerné aux bac pro, où l’aberrante épreuve de contrôle (rattrapage oral) a permis d’obtenir pour notre académie un taux record de réussite de 91,… % A la plus grande joie de nos dirigeants, nombre de collègues se sont tirés une balle dans le pied en acceptant de rentrer dans cette mascarade. L’enjeu est simple : éviter les redoublements pour huiler la transition entre l’ancien bac pro et les nouveaux programmes. Plus grave, quelle crédibilité auront désormais les diplômes lorsque des moyens de plus en plus restrictifs entraînent des résultats de plus en plus mirobolants ?
Inversement…. Quoique ?!… dans le 1er degré, les évaluations nationales CE1 et CM2 (d’un niveau d’exigences très élevé, imposées sans tenir compte des progressions annuelles et des programmes) ont eu pour but de mettre en évidence les lacunes dans les apprentissages. Dans ces deux cas, il s’agit de décrédibiliser le système scolaire, d’opposer les parents, les enseignants, les établissements, et donc d’imposer des « réformes »… qui ruinent le service public d’éducation.
Jusqu’où pourra-t-on supporter ces manipulations ?
Notre actuel ministre, l’ancien porte-parole du gouvernement et ex PDG… Luc Chatel ne s’est-il pas ridiculisé dans une mise en scène grotesque. Ses services ont en effet orchestré une mascarade en le faisant rencontrer devant les caméras de fausses consommatrices qui, le pot aux roses a vite été découvert, étaient en fait des militantes zélées de l’UMP.
L’objectif de ce montage médiatique foireux était bien sûr de vanter la moralité des grandes surfaces en matière de prix des fournitures scolaires. En revanche, notre grand Chatel a confirmé le licenciement de 30 000 personnels Employés de Vie scolaire virés en juin, direction Pôle emploi, comme il annonce la suppression de 16 000 postes d’enseignants dès 2010 !
L’été n’a pas marqué de pause :
La guerre totale est déclarée aux salariés ! Le travail dominical a été autorisé. La Poste est sur le point d’être finalement privatisée. La loi de mobilité a été votée en juillet : les fonctionnaires peuvent désormais être mutés n’importe où et dans d’autres fonctions publiques, voire même licenciés… La grippe H1N1, quelque soit les risques encourus, est l’opportunité pour nos dirigeants de concrétiser une généralisation du travail à domicile et d’interdire tout rassemblement. Et pendant ce temps là, les banques dégagent à nouveau des bénéfices, les traders encaissent de substantiels bonus… sur l’air d’un capitalisme refondé !
Face au marasme, quelles solutions ?
Face à toutes ces attaques qui n’ont comme seul objectif que de casser les acquis sociaux et l’organisation collective, notre seule réponse doit être au contraire le renforcement d’un syndicalisme interprofessionnel de masse porteur d’un projet d’émancipation sociale.
EVS, AVS, AED : refuser l’arbitraire
Des contrats non renouvelés et/ou laissés à la discrétion des chefs d’établissements pour les assistants d’éducation (AED) et de l’inspection académique pour les employés et auxiliaires de vie scolaire(EVS, AVS), des salaires qui ne permettent pas de vivre dignement, aucune reconnaissance de l’expérience et de la qualification acquise de nos métiers, des conditions de travail parfois déplorables, des contrats de travail remplis d’erreurs, des missions de plus en plus larges attribuées aux assistants d’éducation empiétant sur celles des enseignants et des personnels techniques… la liste est longue des injustices et absurdités qui sont à la base des emplois d’AVS, d’EVS et d’AED !
Jugés à la périphérie des enseignant-e-s, ils et elles occuperaient des petits boulots le temps de passer à autre chose, ils et elles auraient de la chance d’avoir un travail gratifiant, etc. Quelle hypocrisie ! Ces emplois répondent à de réels besoins, et en premier lieu aux besoins des élèves et au bon fonctionnement des établissements sur le long terme.
Il est donc normal qu’ils soient reconnus avec un vrai salaire, une vraie qualification, un vrai statut. Oui, mais ce serait aller contre la politique de nos gouvernants et de la machine Education Nationale qui ont décidé depuis une dizaine d’années de répondre aux « nouveaux besoins » par la précarité et l’indignité généralisées ! Comprenez, l’éducation ça coûte cher, c’est archaïque de vouloir une vraie qualification à l’ère de « la formation tout au long de la vie »… Quel culot ont-ils ces hautes pointures de l’administration et de l’Etat, eux qui bénéficient d’une situation professionnelle et financière bien stable. Enfin, sait-on que le développement des emplois AVS-EVS s’est fait en spoliant les établissements spécialisés et d’adaptation.
Fin juin, l’Education Nationale a connu un des ses plus grands plan social avec plus de 30 000 contrats d’EVS et d’AVS non-renouvelés. Des résistances se sont fait jour ici et là mais pas assez pour poser avec force nos revendications. C’est que les AVS-EVS sont souvent la dernière roue du carrosse de la lutte syndicale. Il est temps d’inverser la tendance, et de s’organiser.
AVS, EVS, Assistants d’éducation, ne restez pas isolés, ne pensez pas que votre situation ne vaut pas la peine d’en « faire des tonnes », organisez-vous, renseignez-vous sur votre contrat de travail, prenez contact avec les syndicats. Une attaque faite à l’un d’entre nous est une attaque faite à tous.
Plus d’infos avec les guides et fiches pratiques réalisées par les syndicats :
http://www.sudeducalsace.info/spip.php?article672
http://www.unsen.cgt.fr/images/cahiers/guide_syndical_unsen_cgt_2009_2010.pdf
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